Sur Europe 1, ce matin à 8h20, à la question de Jean-Pierre Elkabbach « est-ce qu’on peut se passer du nucléaire ? », la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet répond « Moi je crois pas qu’on puisse et qu’on doive se passer du nucléaire qui reste une énergie décarbonée qui, quand on maitrise bien sa sûreté, reste une bonne énergie. Je pense aussi qu’on ne peut pas du jour au lendemain passer aux énergies renouvelables. »

Même son de cloche du côté du PS. Dans un article du Monde.fr d'aujourd'hui, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a, pour sa part, déclaré sur RTL : "On ne peut pas sortir du nucléaire du jour au lendemain". Selon lui, "nous nous devons d'avoir d'ici trente ans un mix énergétique fondé sur la sobriété et les renouvelables, dans lequel la part du nucléaire a vocation à diminuer". Si c'est pas du pragmatisme, ça aussi ...


C’est vrai que si on s’y était engagé avant, on n’en serait pas là aujourd’hui. Mais il n’est pas trop tard. Des scénarios alternatifs existent : ici ou ...


Et il est profondément malhonnête de la part des pro-nucléaires et des « pragmatiques » de tous poils, d’avancer cet argument du genre « on ne peut pas le faire du jour au lendemain » alors que, en France par exemple, les premières manifestations contre l’énergie nucléaire ont eu lieu en 1971 et que la technologie des énergies douces et renouvelables a fait ses preuves depuis longtemps.


Qu’on se rassure, pour les énergies renouvelables, ce serait plutôt « on ne peut pas le faire du jour au surlendemain », car « rangez les éoliennes ! Au placard l'énergie solaire ! Oubliées nos bonnes résolutions en termes d'émissions de CO2. Nous sommes sauvés : voici le gaz de schiste... » ironisait Laurent Carpentier dans un article du Monde.fr en janvier dernier. Et d’ajouter « En France, Jean-Louis Borloo, pourtant déclaré champion des énergies renouvelables, a signé en mars 2010 trois arrêtés autorisant leur recherche sur de vastes territoires qui s'étendent du Larzac à la Drôme en passant par les Cévennes et l'Ardèche... Et mis ainsi le feu aux poudres. Sur les Causses où la résistance s'organise, on se demande encore ce qui leur a pris de choisir ces hauts-lieux de révolte et de combat pour lancer l'exploration. Par naïveté ou par calcul ? ».


Il ne s’agit pas dans ces lignes de récupération politique d’un drame qui se déroule au Japon mais d’une réponse à celles et ceux du monde politique pour lesquels ce débat nucléaire/énergies renouvelables n'est pas aujourd'hui à l'ordre du jour, pour cause de "priorité" comme le dit Madame la Ministre où par "décence" comme le dit le PS, par la voix de Najat Belkacem. Certes. Mais ce type de réaction brandissant l’urgence comme priorité est aussi un grand classique en politique quand on ne veut jamais aborder les questions de fond.