« Je m'souviens on avait des projets pour la terre
Pour les hommes comme la nature
Faire tomber les barrières, les murs,

Fallait voir
Imagine notre espoir
On laissait nos cœurs
Au pouvoir des fleurs
Jasmin, lilas,
C'étaient nos divisions nos soldats
Pour changer tout ça

Changer le monde
Changer les choses avec des bouquets de roses
…»
(« Le pouvoir des fleurs », Souchon-Voulzy)


Bien sûr, rien n’est acquis. Bien sûr, l’heure n’est pas encore au bilan. Mais en attendant, il y a quelque chose qui a changé depuis que les Tunisiens et les Égyptiens ont dit « non ». Stop. Fermement. Presque tranquillement. Ils nous ont montré comment on fait une révolution proprement. Sans méconnaître le bilan en pertes humaines, on est loin, très très loin des craintes de nombreux « modérés » pour lesquels la tradition politique veut qu’il faut toujours se méfier des mouvements du « peuple ». Ils invoquent souvent la Révolution Française et les atrocités de la Terreur, la révolution Russe et les horreurs du Goulag. Soit, il n’est en rien question de nier tout cela. Mais la ficelle devient un peu grosse. Le temps a passé. Peut-être que « les peuples » ont changé ? En tous cas, ce matin, je me suis levé en pensant à ces Égyptiens et aussi les autres qui manifestent en ce moment. Avec un énorme respect.


Des reportages TV et des vidéos qui circulent sur le Net montrent les manifestants qui s’affairent sur la place Tahrir : ils nettoient la place au balai et à la pelle, repeignent ou réparent le mobilier urbain ou les bâtiments abimés. Certains plantent des fleurs. Ils ont pris en main leur pays. Ils en prennent soin.


Un peu plus au Nord, hier, sur les places principales de différentes villes flamandes et wallonnes, on a vu manifester des étudiants pour réclamer un gouvernement. Et oui, la Belgique, nous dit-on (journal de 13 heures hier, France 2), détient le « triste record, celui de la plus longue crise politique du monde ». Mais, est-on tenté de penser, est-ce vraiment le peuple belge qui est divisé ? Non, à en croire cette étudiante interviewée à Gand : « On s’adore, on s’entend. Tout le monde cohabite. On n’a aucune rancune les uns envers les autres. ». C’est quoi le problème ? L’envoyé spécial de France 2 nous explique même qu’« aussi incroyable que cela puisse paraître, la Belgique ne va pas si mal que ça. La croissance est ici plus forte que dans le reste de la zone euro ». On serait presque tenté de se dire : pourquoi un Gouvernement, alors ? Mais c’est une autre histoire…


Ailleurs, en Iran, par exemple, c’est le pouvoir en place qui a besoin du peuple (enfin d’une partie du peuple) et qui appelle la population à manifester aujourd’hui contre les opposants au régime d’Ahmadinejad.


Décidément ces peuples… ce peuple. Allez, entre nous, on serait pas tous « un peu frères » ?


En me réveillant ce matin j’avais ça en tête, va savoir...


« Tape sur nos systèmes
L'envie que tout le monde s'aime
Le soleil donne
Ce vieux désir super
Qu'on serait tous un peu frères
Le soleil donne
Le soleil donne
De l'or intelligent
Le soleil donne
La même couleur aux gens,
La même couleur aux gens gentiment. »

(« Le soleil donne », Souchon-Voulzy)


Bonne journée.