Alternatives économiques sort son hors-série annuel « L’état de l’économie 2011». Au passage, en page 64, « Hommes et femmes face à la crise », article de Marion Cochard, Françoise Milewski et Hélène Périvier.


Les auteures soulignent notamment que « la montée du chômage a particulièrement touché les hommes, nettement plus nombreux dans le bâtiment et l’industrie, secteurs très sensibles à la conjoncture économique ». Si les femmes ont relativement été – pour l’instant – épargnées par le chômage, l’hebdomadaire rappelle à cette occasion « un marché du travail déséquilibré », résultat de la forte segmentation sexuée du travail.


En 2006, une étude de l’INSEE signalait déjà que si « la présence des femmes sur le marché du travail continue d’augmenter et se rapproche de celle des hommes », en revanche, « les différences de répartition des hommes et des femmes selon les métiers ont toutefois tendance à se maintenir, malgré les importantes transformations de l’emploi. »


L’augmentation des emplois liés aux services à la personne n’y est pas pour rien. L'Agence Nationale des Services à la Personne (établissement public sous la tutelle du ministère de l'Économie, de l'industrie et de l'emploi) n’est pas avare de satisfécits sur les effets sur l’emploi du Plan de développement des services à la personne lancé en juillet 2005 par M. Borloo.


Hormis le fait que le secteur des services à la personne soit parmi ceux où l’on trouve le plus grand nombre de contrats précaires (C.D.D, temps partiels) et particulièrement mal payés, il comprend en particulier des emplois pour lesquels les taux de féminisation sont parmi les plus forts.


En fait les femmes n’auraient-elles pas globalement été moins touchées par la vague de chômage de l’après-crise financière, l’étant déjà de manière récurrente, et depuis longtemps, sous forme de travail à temps partiel pas toujours choisi ?


Les trois auteures de l’article d’Alternatives Économiques soulignent, non sans malice, que le développement de certains emplois liés aux services à la personne et/ou au travail ménager a permis d'ouvrir le marché du travail à beaucoup de femmes « mais pour y reproduire des tâches qu’elles effectuaient auparavant dans la sphère privée ». Gageons, pour aller plus loin, que, sans doute, le fait d’entrer sur ce marché du travail ne les a pas dispensé pour autant de continuer d’effectuer, en plus de leur travail, les mêmes tâches à la maison…


Et tiens, puisqu’on en parle, voici le « Top 3 » des métiers les plus féminisés (à consulter dans l’étude de l’INSEE signalée ci-avant) :

  • Assistants maternels : 99% de femmes (à noter : le métier d'assistant paternel n'est pas répertorié)
  • Employés de maison : 98% de femmes
  • Secrétaires (ex-æquo avec les secrétaires de direction) : 97% de femmes

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