Etonnant, non ?

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jeudi 31 décembre 2009

22 %

Lu dans l'Humanité du 30 décembre 2009, "La Bourse au plus haut, le chômage aussi", p2 :

"En cette fin décembre, l'indice du CAC 40 flirte avec les 2900 points et affiche une progression de 22% sur l'année. « C'est la bonne surprise de 2009 », s'extasie Le Figaro."

Et l'Humanité d'ajouter, plus loin :

"Selon l'INSEE, à fin novembre, on recensait 2,6 millions de chômeurs (4 millions, toutes catégories de demandeurs d'emploi confondues), soit une augmentation de 22% en un an."

2009 : quelle crise de rire !

dimanche 27 décembre 2009

Identité nationale menacée

Lu dans Le monde.fr, 7/12/2009, "Langue française : état d'urgence, par un collectif d'associations"

« Les associations qui signent cet appel regroupent des démocrates de toutes sensibilités idéologiques. Unanimes, elles dressent un constat angoissant du sort politique fait à la langue française en France. "Langue de la République" (art. II de la Constitution), le français est une condition du vivre-ensemble national et républicain, et, selon les sondages récents, il est pour 80 % de nos concitoyens un des principaux piliers de l'"identité nationale". Or, le français est aussi gravement menacé chez nous qu'au Québec, en Afrique francophone, en Wallonie ou en Suisse romande. Il l'est moins par l'air du temps que par une politique linguistique menée surtout par de grandes entreprises françaises avec l'appui de milieux politiques, certes européens et transatlantiques, mais d'abord hexagonaux. Après Michel Serres, observant qu'" il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu'il n'y avait de mots allemands sous l'Occupation", le linguiste Claude Hagège classe le français parmi les langues menacées dans son Dictionnaire amoureux des langues. L'heure est donc venue d'appeler tous les citoyens à la résistance linguistique. … »

Moi je croyais que c'était le verlan qui menaçait la langue française, surtout quand on le parlait avec une casquette à l'envers...

Denis Kessler : liquider l'héritage de 1945

Lu dans Le Monde Diplomatique de décembre 2009, dans un article "Comment vendre à la découpe le service public - De l’Etat-providence à l’Etat manager", un encadré, extrait d'un éditorial de Denis Kessler par le magazine Challenges le 4/10/2007 qui s'intitulait " Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !" :

"Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme... A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !"

Voir la biographie "évolutive" de Denis Kessler, ancien maoïste, sur Wikipédia, ça vaut le détour.

L'union fait la force : la leçon de militantisme de Laurence P.

Lu dans le Figaro, 20/12/2009, "Parisot dénonce un «coup porté au Medef »" :

"...grâce au travail du Medef les entreprises ont échappé à la taxation de leurs bénéfices selon la règle des trois tiers… Quant à la réforme de la taxe professionnelle, sachez que nous avons tenu plus de 50 réunions avec Bercy et les élus, surveillé jour et nuit le débat parlementaire, décortiqué 1 764 amendements et réduit les risques pour chaque secteur autant qu'il était possible. Je préfère ne pas imaginer ce qu'auraient été ces débats si le Medef n'avait pas existé : d'immenses champs de bataille ou de grands déserts silencieux ! Dans tous les dossiers que nous traitons, l'union fait la force."

Alors et nous, on joue collectif ou non ?

mardi 10 novembre 2009

Les cancers pour les ouvriers et employés

Lu dans le rapport thématique de la Cour des comptes, juin 2008: "La mise en oeuvre du plan cancer", page 71 :

"L’absence d’un système de surveillance des cancers professionnels"

"Une origine professionnelle est suspectée dans 4 à 8,5 % des cas de cancer, soit entre 11 000 et 23 000 nouveaux cas par an. De 2,3 à 5 millions de salariés, selon les sources, seraient exposés en France à des agents cancérogènes. Plus des deux tiers sont des ouvriers ; le taux de mortalité par cancer est dix fois plus élevé chez ces derniers et chez les employés que chez les cadres et dans les professions libérales, toutes causes confondues."

Faudrait balancer les ouvriers dans le trou de la Sécu...

mardi 29 septembre 2009

8 millions de personnes pauvres en France en 2006

Lu dans "Les revenus et le patrimoine des ménages", édition 2009, INSEE Article de Pascal Godefroy, Jérôme Pujol, Émilie Raynaud et Magda Tomasini : "Inégalités de niveau de vie et mesures de la pauvreté en 2006" :

"La pauvreté monétaire relative concerne en 2006 près de 8 millions de personnes, soit 13,2 % de la population. La pauvreté monétaire peut également se mesurer de façon absolue, c’est-à-dire en définissant des normes de consommation en deçà desquelles une personne ne pourrait vivre décemment : elle toucherait alors environ 8 % de la population."

"Vivre décemment", ça rappelle un peu la notion de "reconstitution de la force productive du travailleur" avancée par Marx, non ?

vendredi 25 septembre 2009

OCDE : "La tendance à plus d'inégalités n'est pas inévitable"

Lu dans "Croissance et inégalités L’évolution de la pauvreté et des revenus ces 20 dernières années : nouvelles données", Editions OCDE, octobre 2008, page 1 du résumé :

" Le fossé entre les riches et les pauvres s’est creusé dans la plupart des pays de l’OCDE ces deux dernières décennies. Davantage d’individus risquent donc d’être marginalisés dans une économie mondiale en constante mutation. Mais la tendance à plus d’inégalités n’est pas inévitable : les gouvernements peuvent réduire la fracture en prenant des mesures efficaces qui, très souvent, ne nécessiteront pas d’alourdir les dépenses sociales."

On peut rectifier le tir, c'est l'OCDE qui le dit, c'est pas Marie-Georges Buffet...

mercredi 23 septembre 2009

Sous-traiter les services publics au secteur privé ?

Lu dans la Note de veille du Centre d’analyse stratégique, Juillet 2009 n°148, page 8 "L’externalisation des services publics : un moyen efficace pour réduire les dépenses de fonctionnement ?" Sylvie Bénard et Annick Guilloux, Département Affaires Économiques et Financières

"Les pays qui ont véritablement contracté leurs dépenses de fonctionnement en niveau l’ont fait par une baisse de la masse salariale accompagnée, en général, d’une réduction de moindre ampleur des autres postes. Un rééquilibrage de certaines fonctions a été nécessaire dans un second temps, souvent par recours à l’externalisation, se traduisant par une augmentation des dépenses de consommations intermédiaires et/ou de transferts en nature."

Cantines sous-traitées, prisons sous traitées, forces armées sous traitées... ; à quand la présidence de la République sous-traitée ?

mardi 22 septembre 2009

La presse papier : un avenir pour la presse numérique ?

Lu dans Politis N° 1068 semaine du 17 au 23 septembre 2009, dans la rubrique « A vos postes », l’article « Bakchich en kiosque », p27

« Crise oblige, les recettes publicitaires du journal en ligne Bakchich ont fondu. Pour sauver le site du dépôt de bilan, son directeur, Nicolas Beau, lance en kiosque un hebdomadaire papier à compter de ce vendredi 23 septembre, au prix de 1,80€. »

L'action Google peut-elle baisser en Bourse ? La presse papier menace-t-elle de supplanter l'info sur Internet ?

lundi 21 septembre 2009

Les exonérations de charges abaissent la qualification du travail

Lu dans INSEE PREMIÈRE N° 1250 - JUILLET 2009 "Les employés et ouvriers non qualifiés - Un niveau de vie inférieur d’un quart à la moyenne des salariés" Yves Jauneau, division Études sociales, Insee, Page 3

« En 2007, on compte 5,5 millions d’employés et d’ouvriers non qualifiés, selon la nomenclature retenue dans cette étude . La part de l’emploi non qualifié dans l’emploi total est stable depuis le début des années 2000, après une forte remontée au cours des années 1990 liée en partie aux différentes politiques de baisse du coût du travail. »

Exo de charges = baisse du coût du travail = baisse de la qualification du travail. Courage, on rejoint bientôt nos concurrents "émergents".

vendredi 18 septembre 2009

Droits de l'Homme : cherchez l'erreur

Lu dans le Rapport public 2009 du Conseil d’État: « Droit au logement, droit du logement », Étude de Laurence Gay, Chargée de recherches au CNRS « Droit au logement » et droit de propriété: un conflit à reconsidérer », Page 415 :

« Les jurisprudences du Conseil constitutionnel et de la Cour européenne des droits de l’homme rappellent que les politiques du logement, malgré l’éminence des besoins auxquels elles entendent répondre, ne permettent pas de s’affranchir des garanties résultant de la valeur supra-législative du droit de propriété. »

Faut tout de même pas pousser mémé (et sa propriété) dans les orties...

jeudi 17 septembre 2009

Inégalités ? Si c'est le C.A.E. qui le dit...

Lu dans le résumé du rapport du CAE : "Le partage des fruits de la croissance en France", Rapport de Gilbert Cette, Jacques Delpla et Arnaud Sylvain, dans "Analyses économiques", Conseil d'Analyse Économique (CAE), N° 4/2009, juillet 2009, page 3 :

" ... les auteurs voient dans la fiscalité directe et dans certains dispositifs de fiscalité indirecte les outils les plus appropriés pour opérer les transferts redistributifs motivés par des considérations de justice sociale. . Il reste néanmoins à définir l’ampleur souhaitable de la redistribution, c’est-à-dire celle permettant de concilier justice sociale et efficacité économique. Dans ce domaine, il revient aux pouvoirs publics : • d’afficher clairement leurs préférences ; • de réaliser et rendre public un bilan annuel sur les inégalités et leur évolution en France ; • d’intégrer à ce bilan des éléments de comparaison internationale."

Quelle idée saugrenue : il faudrait que les pouvoirs publics fassent des choix et prennent des décisions !!!

mercredi 16 septembre 2009

Changer de classe d'actifs...

Lu dans Alternatives économiques, N°283, septembre 2009, page 47, "Le Sud dans l'étau de la crise" par Christian Chavagneux :

"... les prix des matières premières et des produits agricoles sont repartis à la hausse. Pour Frédéric Lasserre, directeur de la recherche sur les matières premières à la Société générale, l'explication est simple : ''les investisseurs reviennent vers la classe d'actifs matières premières." En clair, ayant perdu leurs terrains de jeux habituels sur les marchés du Nord, les financiers cherchent à faire de l'argent en jouant avec la nourriture, ou plutôt avec son prix, et avec celui de l'énergie."

On avait pourtant dit de ne pas jouer avec la nourriture...

jeudi 8 décembre 2005

La République en danger ?


Sans être philosophe ni homme politique ou encore intellectuel, nous avons tout de même la volonté d’essayer de comprendre - ne serait-ce qu’en tant que lecteur de la presse – les propos du philosophe Alain Finkielkraut dans l’entretien qu’il a accordé au Monde (daté du 27/28 novembre 2005, page 3) intitulé : Alain Finkielkraut : « J’assume ». Avant d’être accusé de déformer les propos du philosophe, nous assumons personnellement et par avance la « technique » du découpage et du collage de réponses ou d’extraits de réponses issues de cet entretien. En effet, il nous semble qu’une fois remis en ordre (cet ordre relève de notre lecture, bien entendu), les mots s’articulent en idées qui nous paraissent ainsi un peu plus « cohérentes ». Se présente donc ainsi ce que nous comprenons de cet entretien.


Trois thèmes principaux disséminés ici et là dans les réponses de M. Finkielkraut semblent guider son propos : la nation, la république et la race. Par ailleurs, tout au long du texte, un vocabulaire de peur - voire de panique - parait en traverser les lignes.


Nation, d’abord : « Ce qui m’inquiète, c’est la désafiliation nationale » déplore M. Finkielkraut en tenant pour démonstration que « Nous devons admettre qu’un certain nombre de gens vivant en France détestent ce pays ». Dès lors, et en visant pêle-mêle juifs et jeunes des cités - ce qui semble bien montrer qu’on est ici pour l’instant sur une rhétorique purement nationaliste, la seule solution, de son point de vue, est le départ hors des frontières de ces personnes qu’il considère comme, en quelque sorte, des « profiteurs » de la nation française : « Si votre présence ici ne relève que de l’utilité, soyez honnêtes avec vous-mêmes : vous avez Israël », ou encore « « Si, pour ces jeunes des cités, la France n’est qu’une carte d’identité, eux aussi ont le droit de partir ». Voilà bien une étrange réponse de la nation, si tant est que celle-ci se reconnaisse dans les propos de M. Finkielkraut ! En effet, la loi du 6 mars 1998 relative à la nationalité a modifié le régime de l’acquisition de la nationalité française. Elle a supprimé "la manifestation de volonté" instaurée par la loi de 1993 et ainsi restauré le principe de l’acquisition de plein droit à la majorité de la nationalité française en faveur des jeunes étrangers nés en France de parents étrangers et vivant sur le sol français.


République, ensuite : « … ceux qui jouent le jeu républicain se font traiter très souvent de bouffons ». Cette constatation visiblement amère pour le philosophe nous démontre - en « creux » - que les valeurs seraient inversées et qu’en fait les incendiaires des banlieues - ceux qui se moquent des bouffons - seraient, eux, des anti-républicains. Pourquoi des anti-républicains ? Parlant des incendies des écoles, M. Finkielkraut se demande « Pourquoi cet acharnement contre les symboles républicains ? ». Sa réponse met l’accent sur la vision réductrice de l’école : « De plus en plus de gens considèrent que l’école est là pour donner du boulot. L’idée que l’enseignement est à lui-même sa propre finalité ne fait presque plus sens. Dès lors, saccager une école qui ne vous garantit rien devient compréhensible ». Si on peut être d’accord sur la visée de plus en plus utilitariste de l’école, il n’en demeure pas moins que saccager une école c’est se venger d’une institution qui ne nous a pas permis de trouver du travail mais c’est aussi et surtout se retourner contre un symbole républicain de plus en plus éloigné de l’illusion « républicaniste ». Peut-être est-on aussi républicain que les « bouffons » lorsqu’on détruit ce symbole finalement porteur de frustrations et d’illusions perdues ? Un rapport de la direction centrale des renseignements généraux et évoqué par le Monde (daté 7 décembre 2005) parle notamment d’"une perte de confiance totale envers la République" à propos des jeunes.


Race, enfin, selon trois angles de vue. La langue semble en être le premier : « Si la langue française ne reconquiert pas ce territoire perdu qu’est le parler des banlieues, alors, oui, la discrimination à l’embauche et au logement s’aggravera. Dire cela est caractérisé aujourd’hui comme du racisme ! ». Non, nous ne croyons pas que cela soit du racisme, en effet. Du moins si l’on prend en compte le fait que le terme de race n’a aucun fondement scientifique. En revanche, il se peut qu’un « racisme social » puisse sourdre dans de tels propos. Il y aurait une langue officielle et dominante, celle - par exemple - des employeurs et des propriétaires immobiliers détenteurs des clés de l’intégration sociale, et une autre, celle des jeunes des banlieues dont on dirait qu’elle correspond à un dialecte non compréhensible et donc non susceptible d’être écouté. L’ethnie semble être le deuxième angle de vue : « Disons les choses clairement : des Français de souche ont aussi participé aux émeutes, mais le gros était constitué de jeunes d’origine africaine et nord-africaine ». Là encore, il semble que, non, il ne soit pas fait allusion au concept erroné de race au sens biologique, quoique... le terme de « souche »… Mais on a toutefois constaté que la notion de race avait pu progressivement passer dans l’histoire à celle de culture ou d’ethnie et que, bien que n’en ayant pas les mêmes fondements, cette notion soulevait cependant les mêmes problèmes de stigmatisation et donc d’exclusion sociale possible. Par ailleurs, et c’est une banalité que de le réaffirmer ici, la notion de « souche » n’a absolument aucun sens à long terme, au vu de l’histoire mouvementée des peuples et des territoires de notre monde. Enfin, troisième point : la civilisation : « Il faut compter aujourd’hui avec une haine de l’Occident dans le monde arabo-musulman qui a des retombées françaises ». On croirait presque voir rejaillir ici le thème du « choc des civilisations »… Par ailleurs, mais nous nous arrêterons là, on peut s’interroger sur les expressions telles « le vide spirituel de nos sociétés » ou l’ « …Occidental confronté à l’ère du vide… » évoquées par M. Finkielkraut et qui seraient une cause des problèmes de l’Occident. Langue, ethnie, civilisation, religion… autant de descripteurs apparaissant pour certains propres à caractériser une « race ».


Par ailleurs, relevons le vocabulaire employé par le philosophe, au fil de ses réponses : « Ce qui m’inquiète… », « … nous sommes perdus. », « …une haine de l’Occident… », « …ils veulent détruire les écoles… », « …stigmatisation incessante de notre pays… », «…des gens qui n’aiment pas la France… », « …ce territoire perdu… », « Il faudrait qu’on m’entende avant de me condamner. »


Oui, M. Finkielkraut, nous aimerions bien vous entendre mais de façon claire. Il nous est impossible de croire qu’un intellectuel tel que vous nous serve du « nation » par-ci, « république » par là, vous qui avez bien des clés pour avoir appris, compris et êtes capable en tant que philosophe de nous expliquer le sens de ces termes dont vous ne pouvez ignorer la portée. Nous ne pouvons croire que nous soient déroulés par vous également des notions telles que celles de « Français de souche », de langue, de croyance, de civilisation… autant de concepts explosifs que vous vous contentez d’énumérer sans aucun recul. Ne nous faites pas croire non plus à la perversité des journalistes qui déformeraient vos propos ou orienteraient vos réponses : votre envergure intellectuelle vous permet largement de les identifier, si tel était le cas. Expliquez-nous, après un temps de réflexion et de mise en ordre, votre perception de ces émeutes des banlieues, dans une tribune libre, par exemple, ou dans un prochain livre. Alors nous nous ferons une idée.


Notre sentiment n’est pas tant que vous apparaissiez -à tort ou à raison-, au travers de vos propos, ouvertement nationaliste, raciste et « républicaniste » que celui que vous donnez l’impression de paniquer face à un anti-nationalisme, un anti-républicanisme et à un anti-racisme que vous supposez comploter ensemble contre la « France », contre votre vision de la France. Le monde bouge, comme il en a toujours été ainsi dans l’histoire. Et, comme toujours, les changements font peur ; il peuvent mener à des attitudes de réaction hostiles qui se cristallisent, comme on l’a constaté souvent dans l’histoire autour de « valeurs-refuges » parfois assez obscures telles que celles de nation, de république ou de race et qui pouvaient mener chacune à des extrémismes éminemment dangereux et criminels pour les sociétés.


Oui, ne vous déplaise, l’intégration n’est pas une « obligation » comme vous le dites mais une volonté de la nation. « Réduire » les émeutes aux « seules questions d’inégalités et de discrimination » n’est pas un « discours convenu », c’est la tâche que se donne la société pour vivre ensemble. Vous avancez que « Si nous n’avions eu affaire qu’à un problème purement social, il serait traité comme tel » : le racisme, l’exclusion, l’intégration sont-ils des thèmes hors du social ? D’ailleurs, comment ce problème a-t-il été traité en premier ? Par l’envoi des Compagnies Républicaines de Sécurité, comme en mai 68 ou par le décret de l’état d’urgence, comme pendant la guerre d’Algérie.


La République est-elle en danger ? Oui, sûrement celle des républicains conservateurs…

lundi 8 décembre 2003

Bientôt sur nos écrans ?



Article édifiant dans Le Monde du 4 décembre 2003, daté du 5 décembre: "Les recettes du berluscunisme". On croit faire un cauchemar. J'ai la Berlu, s'écria-t-il en voyant "Il Cavaliere" sur toutes les chaînes de télé, ici caressant les blondes têtes des bambini lors d'une visite à l'école primaire à l'heure des mamans, là trinquant avec les footballeurs du Milan AC, prêt à baisser son froc pour un concours de celui qui pissera le plus loin, ou encore dans une allocution devant un amphi plein à craquer de jeunes chefs d'entreprises convertis à la cause de "Forza Italia" et prêts à en découdre avec les taxes et les complications administratives qui entravent leur liberté d'entreprendre.

La berlusconite nous gagnera si l'on n'y prend pas garde. S'habiller simplement, parler simplement le langage des gens ordinaires tout en côtoyant (bien habillé, cette fois-ci) les plus grands (grands au sens médiatique du terme) comme messieurs G.W. Bush et V. Poutine (qui de mieux comme caution morale, sur la scène internationale vue des téléviseurs sur les chaînes à audience ?), parler "vrai" en méconnaissant le mot même de démagogie, "casser" de l'administration, de l'intellectuel, ignorer le débat politique, jouer de la personnification du pouvoir, de la mise en scène, de l'orchestration, du discours fougueux, de la concentration du pouvoir autour du chef... Tout cela me semble un regain de fascisme en bonne et due forme. Bien avant le fait que Berlusconi s'appuie en partie (mais pas seulement; c'est là que cela devient grave) sur un noyau d'électorat post ou néofaciste (c'est déjà condamnable en soit) il y a la constatation de ses méthodes de communication, de l'idéologie qu'il véhicule et qui consiste à ne pas en avoir (en apparence) afin de faire prévaloir "le concret" (surtout ne pas penser) ainsi que ses méthodes de gouvernement claniques voire centrées sur le chef me fait penser que le "berlusconisme" apparaît comme étant une variante moderne, développée, du "mussolinisme". Mais attention, Berlusconi est riche, très riche. Il possède la quasi-majorité des médias télévisés en Italie (les journaux, moins, mais son électorat ne lit pas ou peu) et, nous dit l'article du Monde, un institut de sondage lui permettant de mesurer en temps réel sa propre audience : des outils modernes que n'avait pas Mussolini pour entretenir et garder le pouvoir.

Bientôt sur nos écrans ? Je m'inquiète pour rien ?

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